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1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 17:29

 

Je ne sais pas pourquoi, j’ai la plume désinvolte aujourd’hui, et je souhaitais rendre hommage à une espèce particulière de la gent hospitalière : le chirurgien.




Le chirurgien est  une évolution du pokémon humain. Il a environ Bac+12 et des poussières, donc de fait souvent le cheveu grisonnant et des lunettes.

Le fait de « travailler » la chair lui confère une aura particulière. Il suscite un mélange de crainte et d’admiration, dont il use parfois dans ses relations avec les patients et ses collègues de travail.

Si l’on devait analyser le patrimoine génétique d’un échantillon de chirurgiens, on retrouverait peut être une prévalence du chromosome « égocentrique », parfois couplé du gène « condescendant ».

(Pardon pour ceux qui ne le sont pas, surtout essayez de rester comme vous êtes !)

Que voulez vous, personne n’est parfait à 100%…

Connaissez-vous la petite blague murmurée dans les offices de soins : « qu’elle est la différence entre Dieu et un chirurgien ? »

Réponse : Dieu ne se prend pas pour le chirurgien…




Parler à un chirurgien n’est pas toujours une mince affaire.  Joignable en théorie sur son "bip", dans 80% des cas il ne rappelle pas, il est « au bloc » bien sur…

Comme il cumule souvent plusieurs mandats (praticien, chef de service, maitre de conférence, voire soyons fous, époux), il délègue une partie des interventions à ses internes. Jusque là tout va bien, c’est lorsqu’il continue d’empocher les dépassements d’honoraires que ça devient un poil dérangeant, enfin moi j’dis ça j’dis rien...

 

En service de médecine, on ne les côtoie que ponctuellement, mais pour se comprendre il faut connaitre la subtilité de langage suivante :

« On devrait le prendre  au bloc demain » signifie : oui, enfin d’ici quelques jours, au pire la semaine prochaine… Mais laissez le à jeun quand même on ne sait jamais !



Histoire vraie qui m’est arrivée à moi la semaine dernière et qui a inspiré cet article :

En raison de graves plaies, l'une de nos patientes a été amputée d'une jambe ainsi que d’une partie du talon opposé. L'équipe chirurgicale qui a pratiqué l'intervention devait passer « dans la matinée » pour voir l'évolution.

Après être passés la veille à 12h30, ils débarquent cette fois à 9h, ce qui n’est pas franchement une meilleure heure, le pansement étant censé être ouvert dans un environnement propre, c'est-à-dire après la toilette de la personne et le ménage de la chambre.

Mais faisons fi de ce « détail », ces messieurs n’ont pas de temps à perdre et nous n’avons pas d’autre choix que d’ouvrir le pansement, en prenant soin de balayer quelques miettes de pain qui trainent dans le lit (vestiges du petit déjeuner).

Ils n’ont tellement pas de temps à perdre que je me fais remonter les bretelles d’aller chercher du sérum physiologique pour décoller les compresses de la plaie. « Mais tirez enfin ! ». Je persiste dans ma démarche, car la patiente a mal, ce qui finit par faire sourire le « patron ». Peut être que ce trait de caractère l’amuse…

Il passe ensuite environ… 8 secondes 33' à regarder les plaies, en conclut que « c’est bien », mais lance tout de même à l’interne qui a opéré « vous avez coupé un peu court » (sic), le tout devant la patiente bien entendu, amis de la psychologie bonjour…

Puis tout ce petit monde tourne les talons et s’en va, nous laissant le soin de faire place nette et d’organiser la toilette et la réfection des pansements chez cette patiente (en isolement bien sur).


Comme dirait Philippe Katrine : J’adoooooooorrrrrreeeeeeee…

Non vraiment, ce jour la j’ai fait mon travail avec beaucoup d’amertume.

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Published by Lynette - dans Blog infirmier
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commentaires

plombier pas cher paris 14 26/01/2015 19:32

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.
Cordialement

Laurent 05/07/2009 12:43

A ces sacrés chirurgiens ! J'avais travaillé durant 2 années dans un service d'orthopédie, et certains chiruriens me révoltaient.
Exemple : un chirurgien qui entre dans une chambre, voit une personne âgée dans un lit et demande à l'infirmière "c'est quoi ça ?", l'infirmière lui répond, "c'est une Mme X, admise cette nuit pour une altération de l'état générale, car il n'y avait plus de place en médecine.", le chirurgien "Je suis un chirurgien, pas un médecin !" tout en jetant le dossier sur le lit de la patiente, qui resta bouché bée... moi je n'avais qu'une envie, foutre ma main dans la gueule de cet abruti, mais il parait qu'on a pas le droit de coller des baffes dans un hôpital.

mb 08/02/2009 21:45

je connais bien ce genre d' individus que sont ces Pokémons : je les côtoie depuis plus de 20 ans et il me semble que les plus jeunes d' entre eux apprennent très vite à dépasser leurs ainés .
Le pire me semble-t-il, c' est que certains de ces jeunots ont même épousé des infirmières et que cela ne les rend pas plus respectueux envers les autres IDE. Il faut dire, aussi, que leur chère et tendre épouse restera sans doute peu de temps simple infirmière : elle va évoluer, elle !

Oiseau2nuit 27/01/2009 23:50

Chalut, je travaille dans un service de chirurgie orthopédique et nous avons également nos pokémons. j'essayais dernièrement de faire comprendre à mes collègues IDE que les médecins n'étaient pas nos patrons et qu'elles ne devaient pas craindre de leur dire ce qu'elles pensent si elles voulaient un jour gagner leur respect. Je ne supporte pas de les voir courber l'échine devant des remontrances injustes ou une remise en question non justifiée de leur travail. je suis aide-soignante et j'ai compris que les médecins n'avaient aucunement le pouvoir de me virer si j'avais le malheur de leur mettre le nez dans leur "caca" et encore moins si c'est justifié. Alors je dis, collègue IDE et AS, relevez la tête, ne vous laissez pas rabaisser, nous seules avons le pouvoir de revaloriser notre métier. C'est plus facile à dire qu'à faire, oui, mais en nous y mettant tous, on y arrivera ! Sans nous, que feraient les médecins ? Faisons en sorte qu'ils en prennent conscience. Résistons face au pseudo pouvoir des Pokémons et que la force soit avec nous ! Courage. Bonne continuation pour tout blog !

chouka 04/11/2008 18:15

oh la la, d'un coté, cet article m'effraie mais d'un autre coté, il est tellemnt réaliste... le chir du service où je bosse, n'est pas le seul à travailler de cette façon...
moi, ça me fou en boule de les entendre parler de cette façon devant les patients, des fois, je voudrais qu'ils imaginent leur femme ou leurs enfants dans le lit ... mais ça ce n'est pas possible, voyons...
et puisnous, les infirmières, pourquoi nous parler, nous ne sommes que des jambes et des mains qui doivent executer les ordres de nos supérieurs !!!!