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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 19:29



Lors de mon précédent article, j’ai tenté de décrire les rouages de la politique menée par le gouvernement Sarkozy en matière d’immigration, et les dérives qu’elle pouvait entraîner.

Pour les personnes qui se sentent concernées par la question, je vous propose à présent de réfléchir sur les moyens dont nous disposons, en tant que citoyens, pour venir en aide, directement ou indirectement, aux étrangers menacés d’expulsion.

En guise d’introduction, je ne saurais trop vous conseiller d’être prudents, car « l’aide au séjour irrégulier » est une infraction à la loi passible de cinq ans de prison et 30 000 euros d’amende. 
Jusqu’à une période récente, les actions à visée humanitaire n’étaient pas considérées comme illégales, cependant, la notion « d’aide au séjour irrégulier » est assez floue et pourrait se révéler à géométrie variable.

 

Les collectifs anti-expulsions

Ces actions spectaculaires consistent à rassembler un maximum de personnes devant les centres de rétention, ou dans les aéroports pour empêcher des expulsions.

Malheureusement, même si elles attirent le regard de l’opinion publique, elles sont le plus souvent vaines, et parfois dangereuses du fait de la répression policière.

Les associations s’accordent donc à dire que c’est en amont que le travail de fond doit être effectué.

 

Le parrainage républicain, ou « baptême républicain »

A l’origine, il s’agit d’une cérémonie civile permettant à des personnes de parrainer un enfant, et s’engager à pourvoir à ses besoins en cas de disparition des parents. Elle représente également l’entrée dans les valeurs de la République.

Dans le cadre du soutien aux demandeurs d’asile, le parrainage républicain permet à des citoyens français d’apporter un soutien symbolique à une personne, une famille. Cependant, il n’a aucune valeur juridique, et les maires ne sont pas tenus de le célébrer.

 

S’informer +++

Il me parait important de diversifier ses « sources », ne pas se cantonner aux journaux télévisés ou à la presse traditionnelle. Sur Internet, on peut jeter un coup d'oeil à des sites dits « indépendants et citoyens » comme Agoravox, Indymedia, ou Mediapart.

Participer à des réunions publiques, des débats, ne serait-ce que pour écouter, ou encore discuter avec son entourage permet de confronter et faire évoluer ses opinions. 

Enfin, si l’on a l’occasion de côtoyer une personne en situation irrégulière, il peut être intéressant de chercher à comprendre d’où elle vient, ce qui l’a amené à venir en France et la manière dont elle voit les choses.

 

Opposer une résistance idéologique


Il s’agit de proposer une autre image de l’immigration, tordre le cou aux idées reçues, répondre au célèbre « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde… »

è    Selon un rapport publié par l’INED (Institut National des Etudes Démographiques) en 2004, l’immigration en France n’est pas massive.

o       La France est le pays d’Europe dont la croissance démographique dépend le mois de l’immigration.

o       Les hommes émigrent moins que ne le prédisent les modèles économiques : « attaché à ses proches, à sa langue, l’homme a mille raisons de ne pas migrer […]De fait, à l’échelle de la planète, une personne sur quarante seulement est installée à l’étranger, souvent du fait d’un conflit local et de préférence dans un pays limitrophe. »

 

Lien : http://www.ined.fr/fichier/t_publication/482/publi_pdf1_pop_et_soc_francais_397.pdf


A titre de remarque, on peut s’interroger sur la violence des circonstances amenant une personne à quitter ses racines et chercher meilleure fortune sur un autre continent, au péril de sa vie.
(Selon Fortress Europ, 1861 migrants seraient morts en 2007 en tentant de rejoindre le continent européen, notamment en s’entassant sur des embarcations de fortune).

 

è    Les flux migratoires s’inscrivent dans la continuité de notre histoire.

o       Depuis l’antiquité, le continent européen a été le théâtre de migrations.

o       Au cours des XIXe et  XXe siècle, la France a participé activement à la colonisation des Antilles, du Maghreb, de l’Afrique subsaharienne et de l’Asie du Sud Est. 
Elle a puisé une partie de son développement et de son rayonnement international dans l’exploitation des richesses naturelles et humaines de ces pays. Elle a donc par la même occasion tissé des relations étroites sur le plan culturel et linguistique.

o       Au cours des deux conflits mondiaux, des ressortissants des colonies ont combattu dans les rangs de l’armée française.

 

è    L’immigration peut créer des richesses

o       Après la fin de la seconde guerre mondiale, pour faire face à un besoin croissant de main d’œuvre, des recruteurs français sont allés chercher dans leur pays d’origine des travailleurs (Maghreb et Antilles notamment). A titre d’exemple, ces travailleurs ont construit 90% des autoroutes françaises.

o       En 2008, la France compte plus de deux millions de chômeurs, mais certains secteurs comme le bâtiment, la restauration ou le paramédical font face à une pénurie de main d’œuvre ! Certains observateurs préconisent donc de relancer l’immigration afin de combler ces postes vacants.

Remarque : Le gouvernement actuel a bien compris cela, mais conduit une politique d’immigration sélective, (lois du 20 décembre 2007) qui donne la priorité aux ressortissants des pays de l’Union Européenne au détriment des pays du reste du monde.

o       En consommant et en payant des impôts, les personnes immigrées participent à la croissance économique du pays.

 

Résister aux tentations de la xénophobie


Certes, notre pays fait face actuellement à des phénomènes de ghettoïsation de certains quartiers, de difficultés d’intégration des personnes d’origine étrangère à l’école ou dans le marché du travail. 
Mais les racines du mal sont complexes et pour trouver des solutions, il faudrait analyser le contexte des cinquante dernières années, et remettre en cause les différentes politiques qui se sont succédées !

Au lieu de cela, les raccourcis sont de plus en plus fréquents : avec en toile de fond de nombreux faits divers de délinquance, d’arnaques aux aides sociales, sur lesquels l’actualité ne manque pas d’insister, l’opinion publique est devenue suspicieuse envers les étrangers.  

Si bien que les craintes de voir la France envahie, perdre son identité, qui étaient auparavant le fer de lance du Front National (5% aux élections il n’y a pas si longtemps) se sont étendues et banalisées. Nicolas Sarkozy a largement surfé sur cette vague au cours de sa campagne électorale… Et cela lui a réussi.

C’est troublant, dans les années 30 des craintes similaires étaient véhiculées à l'encontre du peuple juif. (rappelez vous des affiches de propagande, "le juif aux doigts crochus qui enserrait la planète"…)

Il semble que de tous temps, les sociétés aient besoin de trouver un bouc émissaire à leurs problèmes, et de préférence, celui-ci est en position d’infériorité, et… étranger.

A l’heure où le président propose de confier la mémoire des enfants juifs déportés aux écoliers de CM2, il serait bon nous aussi de retenir les leçons de l’histoire, afin de ne pas commettre les mêmes erreurs.

 

Quelques liens intéressants :

 Dossier : Immigration, la nouvelle donne

http://www.liberation.fr/dossiers/sanspapiers/

 

1942-2006: réflexions sur un parallèle contesté, par Emmanuel Terray

http://www.alencontre.org/page/France/MigrTerray10_06.htm

 

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